Baladna, AQS, Ooredoo… Algérie-Qatar : les fruits d’une relation privilégiée

0
687

Par Nabil M.

Alger et Doha entretiennent des relations privilégiées qui se sont renforcées au cours des dernières années par des partenariats stratégiques prometteurs.

Dans ce cadre, la première session des consultations politiques entre les deux pays a eu lieu hier à Doha (Qatar), coprésidée par le secrétaire général du ministère des affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger, Lounès Magramane, et son homologue qatari, Ahmed Hassan Al-Hammadi. Une consultation visant l’activation des clauses du mémorandum d’entente signé à l’occasion de la visite d’Etat effectuée par le président de la République au Qatar en février 2022.

La session a été l’occasion de saluer l’élan et la dynamique que connaissent les relations entre les deux pays, permettant par l’occasion aux deux parties de passer en revue l’état des relations bilatérales privilégiées dans plusieurs domaines, notamment politique et économique et en matière d’investissement, ainsi que les moyens de les approfondir et de les promouvoir davantage, en prévision de la tenue de la 6e session de la grande commission mixte algéro-qatarie.

Les deux pays ont franchi des pas importants en matière de renforcement de la coopération dans différents domaines, comme en témoigne la signature de plusieurs mémorandums d’entente et accords de coopération dans plusieurs secteurs économique, notamment dans le tourisme, l’agriculture, l’industrie, la santé et l’enseignement supérieur.

 Le plus grand investisseur arabe en Algérie

Le Qatar est le plus grand investisseur arabe en Algérie, avec des investissements représentant plus de 70% de tous les investissements arabes, selon des estimations récentes. Le ministre des affaires étrangères Ahmed Attaf avait déclaré, dans un entretien accordé à la chaîne Al Jazeera, que «les investissements qataris hors hydrocarbures en Algérie équivalent, voire dépassent les investissements des pays européens réunis».

D’autre part, l’ambassadeur du Qatar en Algérie, Abdulaziz Ali Al-Naama, avait indiqué en janvier 2023 que la ligue qatarie des hommes d’affaires «s’est félicitée de la promulgation de la nouvelle loi algérienne sur l’investissement, qui offre des opportunités créatrices de richesse pour les deux parties, chose que nous avons constatée lors des visites successives d’hommes d’affaires qataris pour accéder au marché de la production et de l’industrie en Algérie et préparer les dispositions nécessaires pour cela».

Le diplomate avait rappelé par la même occasion la signature d’un accord d’investissement portant renforcement de la coopération et de l’investissement dans le développement et la gestion de 73 hôtels relevant du groupe Hôtellerie tourisme et thermalisme (HTT) à travers tout le territoire national. Il a aussi fait savoir que son pays compte lancer d’autres projets touristiques, outre les projets commerciaux, alimentaires et industriels.

 Des projets d’investissement de grande envergure

Les investissements du Qatar en Algérie se distinguent par leur importance stratégique et structurante pour l’économie nationale, ce qui est le cas pour le projet Algerian Qatari Steel (AQS) dans la zone industrielle de Bellara, à Jijel, d’une valeur d’environ 2 milliards de dollars et avec des capacités de production de cinq millions de tonnes d’acier. Le complexe AQS est une joint-venture entre Qatar Steel International (49%), le groupe Imetal (46%) et le fonds national des investissements (FNI 5%).

L’investissement du Qatar est également présent dans le domaine des télécommunications, avec l’opérateur de la téléphonie mobile Ooredoo, installé en Algérie depuis 2004 et qui compte jusqu’à ce jour plus de 13 millions d’abonnés aux technologies 3G et 4G. Cette filiale algérienne d’Ooredoo a enregistré un chiffre d’affaires de 659,2 millions USD pour l’année 2023, représentant une augmentation de 11% par rapport à l’année précédente. Le groupe de télécommunication qatari a envisagé ressèment de lancer la technologie 5G sur ses marchés africains, notamment en Algérie.

Dans le domaine dans de l’énergie, un projet phare est en cours de réalisation avec les Qataris, celui de la construction en Algérie d’un complexe pétrochimique, dans le cadre d’un partenariat entre l’entreprise publique Sonatrach et le Qatar’s Power International Holding. Cette usine produira des matières premières essentielles telles que le butène et le polybutène (intrants servant dans la fabrication de produits organiques et de polymères).

Dans le domaine de la santé, il est également prévu un projet d’envergure qui concerne la réalisation de l’hôpital algéro-qatari-allemand, qui sera inauguré fin 2025, selon les dernières estimations. Implantée dans la nouvelle ville de Sidi Abdallah, l’infrastructure sera équipée pour accueillir chaque année plus de 250.000 patients en consultations externes, en plus des 25.000 patients hospitalisés chaque année.

Mais le projet d’investissement qui atteste aujourd’hui la solidité des relations entre les deux pays demeure celui de la réalisation d’un projet de 3,5 milliards de dollars pour la production de poudre de lait avec la firme qatarie Baladna, qui a signé dernièrement un accord-cadre avec le ministère de l’agriculture. L’accord porte sur la création d’une firme géante d’élevage de vaches laitières dans la wilaya d’Adrar dans le sud du pays sur une superficie de 117.000 ha.

Ce projet, qui sera lancé en partenariat entre le géant qatari des produits laitiers et l’Etat algérien via le fonds national de l’investissement (FNI), est composé de trois pôles contenant chacun une ferme de production de céréales et de fourrage, une ferme d’élevage de vaches et de production de lait et de viande, ainsi qu’une usine de production de lait en poudre.

N.M.