Béjaïa : l’institut régional de formation musicale baptisé Djamel Allam

0
52

L’ancien palais de justice de Béjaïa accueille désormais l’institut régional de formation musicale Djamel-Allam.

Par Delloula Morsli

La ministre de la culture et des arts, Soraya Mouloudji, a inauguré dans la journée du 18 avril le nouvel institut régional de formation musicale de Béjaïa. L’établissement est nommé en l’honneur de Djamel Allam, enfant de la ville et figure emblématique de la scène musicale algérienne. Il a bénéficié de l’acquisition des équipements nécessaires à son bon fonctionnement, tels que les instruments de musique ainsi que du matériel audio et informatique.

Musicien, comédien et interprète de talent, Mohamed Allam de son vrai nom est né à Béjaïa le 26 juillet 1947. Il s’initie à la musique dès son jeune âge au conservatoire de la ville sous la tutelle de Saddek Bedjaoui. En parallèle, il se produit dans des fêtes, affinant son talent et sa présence scénique.

En 1967, animé par un désir d’exploration et d’enrichissement artistique, Djamel Allam prend la direction de la France. À Marseille d’abord, puis dans la capitale où il trouve un travail de machiniste au théâtre du Gymnase, ce qui lui permet de rencontrer de grandes figures de la chanson française telles que Georges Brassens, Moustaki et Léo Ferré.

En 1972, Djamel Allam décide de retourner dans son pays natal. Fort de ses expériences, il se lance dans une carrière fructueuse. En 1973, il sort son premier album, incluant la chanson éponyme « Maradyoughal » (Lorsqu’il reviendra), qui rencontre un franc succès et devient un véritable hymne au retour aux sources. Il enchaîne les opus avec “les rêves du vent” en 1978, “Si Slimane” en 1981, “Salimo”, dédié à son fils en 1985 et Gouraya en 2001. Il a écrit des musiques de films dont celle de “Ma dernière nuit à la Goutte d’Or”, de Daniel Duval. Djamel Allam a également contribué au cinéma en tant que comédien et réalisateur avec « Banc public », un court métrage sorti en 2012.

Il s’éteint le 15 septembre 2018 à Paris, laissant derrière lui un héritage musical précieux. Il est inhumé dans sa ville natale, dont l’institut de musique porte fièrement son nom aujourd’hui.

D.M.