Incarcération de Saïd Naciri, président du WAC : Le royaume de Lekjaa ébranlé par une affaire de drogue

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PAR ZINE HADDADI

L’incarcération vendredi du président du Wydad Casablanca, Saïd Naciri, soupçonné de trafic international de drogue, vient frapper de plein fouet le football marocain dirigé par le sulfureux Fawzi Lekjaa.

Saïd Naciri, président du Wydad Casablanca, fait partie avec Abdennabi El-Bioui, président de la région de l’Oriental, des 25 personnes déférées jeudi dernier devant le parquet de
Casablanca dans l’affaire du baron de drogue Lhaj Ahmed Benbrahim connu sous le sobriquet du « Malien » ou « Escobar du Sahara », incarcéré dans une prison d’El Jadida depuis août dernier.

Dans le milieu du football marocain, il est impossible d’évoquer le nom de Saïd Naciri sans
évoquer celui du président de la fédération royale marocaine de football Fawzi Lekjaa. Le scandale dans lequel est impliqué le président du Wydad Casablanca renvoie à sa liaison particulière avec le patron de la FRMF. « Lekjaa et Naciri ne se quittent jamais?! On ne peut pas croiser l’un sans voir arriver l’autre quelques minutes plus tard », confiait un acteur du football marocain à Jeune Afrique il y a déjà quelques années.

Saïd Naciri lui-même est très élogieux envers Fawzi Lekjaa avec lequel il forme le duo de choc du football marocain. « J’ai connu Fouzi Lekjaa via le football, et il est devenu un ami
très cher. Nous avons beaucoup de points communs et partageons la même vision de l’avenir du football marocain. Nous essayons d’œuvrer de manière complémentaire pour hisser ce secteur aux normes internationales », pouvait-on lire dans des déclarations du président du WAC reprises par Jeune Afrique. La connexion entre les deux hommes, alors que l’existence des liens de l’un d’eux avec le milieu de la drogue est établie, tombe au mauvais moment pour la fédération royale marocaine de football.

La FRMF, qui se targuait jusque-là de succès politiques comme l’organisation de la CAN 2025 et du Mondial 2030 conjointement avec l’Espagne et le Portugal, doit faire face désormais à des doutes sur les liens d’un des membres de son bureau directeur avec le milieu de la drogue.

Au Maroc, l’incarcération de Saïd Naciri fait beaucoup parler, notamment chez les supporters du Raja, rival éternel qui se considère comme le club du peuple face au chouchou du palais. Sur les pages des supporters du Raja, les supporters disent comprendre mieux les sommes faramineuses dépensées par le rival dans l’achat des joueurs et les titres remportés ces dernières années par leur ennemi juré S’il est avéré que le commerce du haschisch représente une bonne partie de l’économie marocaine, on ne se doutait pas que les réseaux de trafic de drogue étaient aussi introduits jusqu’à atteindre le président d’un des plus grands clubs du pays, dont la relation particulière avec le président de la fédération nationale de football, qui n’est autre que le ministre du budget dans le gouvernement de « sa majesté », n’est plus à prouver. C’est tout un système qui est ébranlé par une affaire qui est loin d’avoir révélé tous ses secrets.

Z. H