Jus et boissons : les taux de sucre révisés d’ici début 2024

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Jus et boissons : les taux de sucre révisés d'ici début 2024

PAR ZINE HADDADI

Un nouveau cadre juridique fixant le taux de sucre dans les jus et les boissons rafraîchissantes devrait bientôt voir le jour en Algérie. Alors que les chiffres du diabète ont atteint des niveaux très inquiétants en Algérie, la législation sur le taux de sucre dans les jus et boissons rafraîchissantes n’est pas encore tout à fait au point.

Deux arrêtés ministériels portant sur le volet technique de la fabrication des jus et des boissons rafraîchissantes, qui fixent entre autres le taux de sucre autorisé, entrés en vigueur en 2022, ont été purement et simplement suspendus, selon Ali Hamani, président de l’association des producteurs algériens de boissons, qui annonce que de nouveaux textes devraient être signés d’ici la fin de l’année 2023, au plus tard au début 2024.

« Quand les anciens textes ont été promulgués, nous avons relevé des incohérences sur certaines dénominations comme sur le taux de sucre. Nous travaillons actuellement sur l’élaboration d’un nouveau texte qui est au stade de finalisation. Le ministre actuel a écouté nos doléances. Il a décidé de suspendre les arrêtés signés précédemment et a chargé un comité de préparer de nouveaux textes », a expliqué Ali Hamani à ce propos.

La définition du terme « jus » ainsi qu’un amalgame entre les sucres « ajoutés » et les sucres « totaux » faisait partie des incohérences relevées dans les anciens textes et qui devraient être corrigées dans les nouveaux arrêtés, selon Ali Hamani. D’autres détails d’ordre technique ont été discutés en vue de l’élaboration du nouveau cadre juridique, a-t-il indiqué.

Le taux de sucre « ajouté » dans les jus est passé à 105 g/litre, ajoute le président de l’association des producteurs algériens de boissons. Néanmoins, Ali Hamani préconise une « baisse progressive » du taux de sucre dans les boissons. « L’idée est d’habituer le consommateur à consommer moins de sucre, sans que la démarche ne soit brutale, car cela est contreproductif. Le sucre est finalement à la portée de tout le monde. Le taux de sucre concerne tous les produits alimentaires, pas uniquement les jus ou les boissons », argumente le président de l’association des producteurs algériens de boissons.

«Le problème, c’est dans l’application»

Pour Pr Mostefa Khiati, médecin chercheur, président de la fondation nationale pour la promotion de la santé et du développement de la recherche (Forem), il est important de créer des mécanismes pour l’application des textes de loi régissant les taux de sucre dans les boissons en particulier et les produits alimentaires en règle générale.

« Le problème n’est pas le texte de loi, mais dans l’application. Il faut faire en sorte de contraindre les producteurs dans le domaine agroalimentaire à respecter les normes établies, que ce soit à travers les contrôles comme à travers les amendes », précise Pr Khiati pour l’Algérie Aujourd’hui.

Ce dernier alerte sur les chiffres alarmants du diabète en Algérie et met en cause les habitudes alimentaires malsaines en Algérie, dont la surconsommation de sucre. « Les cinq millions de diabétiques ce n’est pas un hasard, comme ce n’est pas un hasard si notre pays est celui qui importe le plus de sucre en Afrique. Le diabète engendre des maladies rénales. Plus de la moitié des patients en hémodialyse sont diabétiques. Nous enregistrons 400 amputations chaque année. Les maladies cardiovasculaires et les répercussions sur la vue sont autant de complications liées au diabète », prévient le président de la Forem.

Diabète : les habitudes alimentaires des Algériens mises en cause

Pour sa part, le porte-parole de l’association de protection des consommateurs Himayatec, Sofiane Louassa, a rappelé dans des déclarations accordées à l’Algérie Aujourd’hui que de nombreux produits, dont le pain à base de farine blanche largement consommé en Algérie, contiennent des quantités importantes de sucre, en plus des jus et des boissons.

Sofiane Louassa a mis l’accent sur la sensibilisation des consommateurs pour qu’ils changent leurs habitudes alimentaires. « Il faut que les consommateurs soient alertés à travers des campagnes de sensibilisation. Donner à son enfant des barres chocolatées et du jus chaque jour en guise de goûter au lieu de protéines et de fibres (œufs et fruits), c’est une habitude qu’il faut éradiquer. Mettre quatre cuillères de sucre dans une petite tasse de café ne peut faire l’objet d’aucune loi, ce sont des réflexes à adopter », a-t-il estimé.

Z. H.