La Safex chargée du marché africain

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La Safex: un programme ambitueux de 54 manifestations en 2024

PAR DJILALI B.

La Safex hérite d’une nouvelle mission dans la stratégie de promotion des exportations hors hydrocarbures.

Elle se consacre dans un premier temps, selon l’optique gouvernementale, au marché africain. Certains pays seront sa cible.

L’Algérie prépare activement le recentrage des priorités de sa politique africaine axée principalement sur le commerce et les échanges commerciaux interafricains. Une politique qui tranche nettement avec les anciennes pratiques dominées par les préoccupations strictement politiques, purement idéologiques.

Son retour sur le continent auquel elle a tourné le dos en raison de sa tradition diplomatique héritée de la guerre de libération a connu plusieurs étapes où l’économique est resté accessoire.

La parenthèse ouverte au début des années 2000 a été vite refermée en raison de l’ego diplomatique surdimensionné du chef de l’Etat d’alors qui voulait tout contrôler.

En quête de débouchés pour ses produits manufacturés, l’Algérie a trouvé l’issue à travers le marché africain. Il suffisait de mettre en avant les atouts du pays et des investissements pour conquérir ce marché.

C’est à l’initiative de quelques opérateurs économiques, soutenus en sous-main par des responsables, que le produit algérien, l’investisseur algérien, sont descendus découvrir un marché où ils ont leur place.

Les autorités ont suivi après en mettant en branle les instruments conçus pour ce genre d’opérations mais restés en veilleuse en raison des entraves et obstacles qui se dressaient devant l’acte d’exporter, de l’avis des opérateurs.

Les AE mises à contribution

Et ce n’est que récemment que l’idée de jumeler les activités diplomatiques avec les opérations commerciales a commencé à prendre forme.

Et dire que des chargés d’affaires et des attachés commerciaux sont affectés dans
les ambassades.

De nouvelles tentatives ont vu le jour, lancées à partir de Nouakchott, la capitale de la
Mauritanie. Le Soudan, l’Ethiopie et la Côte d’Ivoire ont depuis ouvert les bras non seulement aux produits algériens mais offert bien des avantages aux opérateurs algériens pour implanter des installations similaires à celles qu’ils ont en Algérie.

Et les pouvoirs publics ont enfin compris l’enjeu de partir à la conquête de ce marché. Et pas uniquement sur e plan économique.

Décision a donc été prise de mettre en place les moyens d’accompagnement de cette opération stratégique.

Ouverture de nouvelles lignes aériennes vers plusieurs capitales en Afrique,
création d’un hub à Tamanrasset, adhésion à la zone de libre-échange africaine (Zlecaf), ouverture du fret aérien au privé, autorisation des banques à ouvrir des agences à l’étranger.

Et enfin cette décision du gouvernement de prendre en charge les frais des showrooms que les opérateurs installent dans les pays africains.

Le gouvernement vient de proposer une nouvelle mission à la Safex, la chargeant de participer à la promotion des exportations hors hydrocarbures en se déployant à l’étranger.

Une communication en ce sens a été présentée hier en conseil du gouvernement par le département des affaires étrangères et celui du commerce et de la promotion des
exportations.

Ambition africaine

La Safex, organisme qui gère habituellement les foires nationales et internationales à Alger,
entamera sa nouvelle mission à partir de certaines capitales africaines, selon le communiqué du gouvernement.

La Safex n’a certes aucune expérience en la matière à l’étranger, il n’en demeure pas
moins qu’elle capitalise plusieurs années dans l’organisation d’événements majeurs comme les foires de production nationale, les foires internationales ou encore les salons comme celui de l’automobile, du livre…

Elle sera d’un apport certain pour les opérateurs, notamment dans l’implantation des showrooms, financièrement soutenus par l’Etat, et leur gestion. Elle sera également présente lors des événements commerciaux consacrés par certaines
capitales pour les produits algériens où participent des producteurs nationaux.

C’est là aussi qu’interviennent les ambassades, chargées elles aussi à la fois d’accompagner les opérations et, en amont, de travailler à « dénicher » les opportunités pour placer les produits algériens, à leur trouver des marchés potentiels et à faire leur promotion.

A charge également aux responsables politiques, ministres et diplomates de joindre dans leurs délégations des opérateurs économiques, des producteurs et des membres des organisations patronales pour discuter, promouvoir leurs produits et conclure des contrats avec des partenaires du continent.

Car le continent a besoin aussi de produits locaux dans ses marchés, d’investissements interafricains dont il manque terriblement. C’est dans cet esprit que s’inscrit l’ambition africaine du gouvernement, et qui commence à prendre forme.

D. B.