Le Drian «recadre» Macron : «C’est aux Algériens et à eux seuls de décider de leur destin»

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Le Drian

La première réaction d’un officiel français après la sortie du président Tebboune est tombée hier. Elle émane du ministre des Affaires étrangères  , la déclaration de Jean-Yves Le Drian a été scrutée et était attendue par bon nombre d’analystes et d’observateurs sur les deux rives de la Méditerranée.

A contre courant des déclarations de son président, Jean Yves Le Drian a affirmé hier devant l’Assemblée nationale la « souveraineté algérienne » alors que Macron, quelques jours avant, a dérogé à la sacro-sainte règle de la retenue diplomatique

«C’est aux Algériens et à eux seuls de décider de leur destin et de définir les contours de leurs choix et de leur débat politique », a-t-il déclaré devant les membres de l’assemblée française.Le chef de la diplomatie française en évoquant le « respect fondamental de la souveraineté algérienne », précisera que cela concerne principalement «la question de leur histoire coloniale commune.»

Il tentera dans une tentative vaine de redorer le blason du président français, de rappeler certaines citations de Macron. «Récemment, le président de la République (Emmanuel Macron) a rappelé son profond respect pour le peuple algérien», a expliqué devant l’Assemblée nationale Jean-Yves Le Drian.

«Cela signifie aussi bien sûr le respect fondamental de la souveraineté algérienne », a-t-il ajouté. « C’est aux Algériens et à eux seuls de décider de leur destin et de définir les contours de leurs choix et de leur débat politique.» Dans la journée du 2 octobre, Alger avait décidé le rappel « immédiat » de son ambassadeur à Paris, Mohamed Antar-Daoud, et, comme autre mesure de rétorsions, a interdit le survol de son territoire aux avions militaires français de l’opération Barkhane au Sahel. Le retour de l’ambassadeur algérien « est conditionné au respect de l’Algérie, le respect total de l’État algérien», avait indiqué dimanche le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Interrogé sur ce rappel de l’ambassadeur, Jean-Yves Le Drian a déclaré le regretter. «Cela ne correspond pas à l’importance que nous attachons à la relation entre nos deux nations », a-t-il poursuivi.

«Nous sommes convaincus de l’intérêt commun de nos deux pays à travailler ensemble. Cette vision (…) est, je crois, partagée par beaucoup de responsables algériens à tous niveaux ». 

Dans son intervention le ministre français a évité les sujets qui fâchent. La question des visas. La liste des 7000 qui a valu à Darmanin une gifle politique venue d’Alger. Autant de sujets qui devront trouver réponse pour qu’un véritable dialogue s’amorce entre les deux parties.

C. S.

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