Le South2 au cœur de la stratégie d’Eni en Afrique. Claudio Descalzi : «Nous devons être ceux qui guident l’énergie du sud au nord»

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PAR BRAHIM A.

L’Italie déploie des investissements consistants dans des projets ambitieux pour construire de nouveaux gazoducs vers l’Afrique du Nord, des connexions qui permettraient à Rome d’exporter du gaz naturel et de l’hydrogène vers l’Europe du Nord.

Au cœur de cet ambitieux projet, le SoutH2 qui viendrait suppléer le Trans-med pour
l’acheminement du gaz et de l’hydrogène algériens vers le vieux continent.

C’est dans cet esprit que le patron d’ENI a annoncé l’intention de son entreprise d’augmenter ses investissements en Afrique

S’exprimant le week-end dernier lors d’une conférence organisée à Rome par le parti Fratteli d’Italia, dont la première ministre Giorgia Meloni est le leader, Claudio Descalzi a déclaré que « l’Italie est prête à investir en Afrique […] c’est aussi une nécessité, parce que l’énergie circule désormais du sud vers le nord et que nous devons être ceux qui guident ce flux pour notre bien et celui de l’Afrique ». Giorgia Meloni, qui a déjà exposé ses ambitions de faire de l’Italie l’un des pôles énergétiques centraux de l’Europe, dans le cadre du « plan Mattei », avait évoqué une proposition d’initiative d’investissement dans les pays africains et
des partenariats « égaux et bénéfiques » à travers le continent.

Le plan Mattei, qui implique que l’Italie construise de nouveaux gazoducs vers l’Afrique du Nord, permettra à Rome d’exporter du gaz naturel et de l’hydrogène vers des pays d’Europe du Nord, comme l’Allemagne et l’Autriche, faisant de l’Italie la « porte d’entrée » entre l’Europe et l’Afrique. D’ailleurs, au lendemain de son élection à la tête du gouvernement italien, Giorgia Meloni avait entamé une tournée en Afrique qui l’a menée en Algérie d’abord, la Libye, l’Ethiopie et la Tunisie ensuite, avant la poursuivre au Mozambique et en République du Congo.

Un signe plus qu’évident de l’intérêt porté au tissage des relations avec ces pays au poids indéniable dans les projets énergétiques italiens. Il est vrai que le gouvernement italien espérait initialement lancer officiellement le programme en novembre, mais cela a été retardé par le déclenchement du conflit à Ghaza qui a fait craindre une perturbation des marchés internationaux de l’énergie.

Le SoutH2 en renfort au Trans-med

Le SoutH2 est le nouveau gazoduc devant relier l’Algérie à l’Italie, un des plus importants projets du siècle. Il s’agit du nouveau projet « corridor SoutH2″ qui devrait démarrer de l’Algérie pour finir en Allemagne en passant par l’Italie et l’Autriche. Un projet qualifié d' »historique » et d' »une importance capitale » qui a été favorisé par l’évolution de la relation algéro-italienne ces derniers temps, défrichant la voie pour une coopération intensifiée dans le domaine énergétique.

L’infrastructure sous-marine pour relier l’Algérie à l’Italie permettra ainsi le transfert d’électricité, de gaz et d’hydrogène vers l’Europe. En effet, le nouveau gazoduc reliant l’Algérie devrait atteindre la côte sud de l’Italie avant de prendre son chemin vers l’Autriche et l’Allemagne sur une distance de 3300 km. Après l’accord paraphé à Alger en janvier dernier pour le lancement d’études de réalisation de ce projet, l’Allemagne et l’Italie ont
conclu, quant à elles, des accords début juin pour l’extension de ce projet jusqu’en Allemagne en passant par l’Autriche.

B. A.