Messaoud Bellemou : le trompettiste qui révolutionna le raï

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Un spectacle en l’honneur du grand Messaoud Bellemou aura lieu cet après-midi à partir de 15h au théâtre national Mahieddine-Bachtarzi. L’initiative est organisée par l’association artistique et culturelle “le troisième millénaire” en coordination avec l’office national des droits d’auteur et des droits voisins. En plus de Messaoud Bellemou, l’événement rendra également hommage à cheikh Naam, Kouder Berkan, ou encore Gana El-Meghnaoui.

Par Delloula Morsli

Né en 1946 dans une famille d’agriculteurs à Aïn Témouchent, en Algérie, Messaoud Bellemou s’initie dès l’âge de 10 ans à la musique en rejoignant la fanfare locale, où il joue du clairon. Il s’imprègne des sonorités du raï traditionnel, interprété avec la flûte, le gallal et des percussions allongées, lors de concerts dans sa région. Il est également marqué par les voix puissantes des chanteuses locales comme cheikha Ouachma, cheikha Bekhta et cheikh Brahim.

 Pionnier du raï moderne

A 18 ans, Bellemou décide de révolutionner le raï en troquant la flûte pour la trompette, un instrument qui deviendra sa signature. Il affine son style aux côtés du musicien Belkacem Bouteldja. Entre 1964 et 1968, il reprend des airs du blues oranais traditionnellement joués sur un roseau, donnant naissance au raï version pop.

Avec son groupe, il sillonne le pays à la recherche du succès, sans grand écho. Il engage des musiciens talentueux comme Hamani Hadjoum et Younès Benfissa. En 1973, leur premier enregistrement voit le jour à Oran chez Zed El-Youm Édition : le 45 tours « Sidi H’bibi » est suivi d’autres titres. Cependant, leurs textes jugés trop osés pour l’époque freinent leur ascension.

La rencontre avec Sghir Bouteïba

C’est dans un village proche de Aïn Témouchent que Bellemou découvre Sghir Bouteïba, un chanteur à la voix puissante qui interprète « Ya moulat el-villa » avec une grande sensualité. En 1975, leur groupe se produit à la boîte de nuit le Biarritz sur la corniche oranaise. Belkacem Bouteldja les rejoint plus tard. Jusqu’en 1982, le raï de Bellemou conquiert le public de l’Ouest algérien, d’Oran à sa ville natale.

De nombreux artistes, dont les célèbres chebs Khaled et Mami, s’inspireront de son style innovant, contribuant à populariser le raï à travers le monde. Des groupes plus récents comme Fanfaraï Big Band citent également Bellemou parmi leurs influences majeures.

D.M.