Mettant l’accent sur l’incapacité à mettre fin aux atrocités des Palestiniens : Attaf pointe la paralysie du conseil de sécurité

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Par Amar R.

L’Algérie a fait un plaidoyer fort en faveur du multilatéralisme et de la coopération internationale, et de la nécessité de réhabiliter le droit international, pour faire face aux défis contemporains, dont la guerre génocidaire que mène l’occupant sioniste contre le peuple palestinien à Ghaza.

Prenant pour exemple ce cas concret d’injustice et de déni, y compris celui du droit à la vie de tout un peuple, le ministre des affaires étrangères, Ahmed Attaf, a pointé l’incapacité de la communauté internationale, notamment le conseil de sécurité de l’ONU, à imposer le respect du droit international, notamment à mettre en œuvre un cessez-le-feu et acheminer des aides humanitaires en dépit des résolutions adoptées à l’unanimité de ses membres.

Et partant de l’incapacité persistante de la communauté internationale à réagir de manière unie et décisive pour mettre fin aux atrocités commises contre le peuple palestinien, le chef de la diplomatie algérienne a estimé que cette situation a «ravivé les doutes et les scepticismes quant à la raison d’être et à la pertinence du droit international dans son intégralité».

Plaidoyer de l’Algérie en faveur du multilatéralisme

Attaf, qui s’exprimait lors de la 21e réunion ministérielle périodique des pays africains-pays nordiques, placée sous le thème «multilatéralisme et renforcement des échanges commerciaux et des investissements conjoints», a rappelé que l’Algérie n’a cessé d’œuvrer à promouvoir les valeurs indispensables de dialogue, de coopération, de confiance, de respect et de compréhension. Cependant, «ces valeurs sont aujourd’hui menacées de manière existentielle», a-t-il estimé, en faisant état de l’émergence de foyers de crises, de tensions et de conflits qui se multiplient, s’accumulent et s’étendent. «Le multilatéralisme est en recul constant, l’ONU est progressivement disqualifiée et l’un de ses organes centraux, le conseil de sécurité, tombe progressivement dans un état de paralysie complète », a-t-il fait remarquer.

Il a, à ce titre, fait remarquer que « la situation qui se déroule à Ghaza incarne à elle seule tous ces dysfonctionnements qui remettent aujourd’hui en question, de manière directe et flagrante, l’essence même d’un système fondé sur des règles ». « Ce ne sont certainement pas des temps ordinaires ! Ce sont des périodes de crise profonde, des périodes de profonds troubles et, de toute évidence, des périodes de grande incertitude », a-t-il insisté.

Il a indiqué que « dans ces moments-là, le monde a cruellement besoin de voix de sagesse et d’engagement, comme celles qui émergent constamment de ce forum ». « Collectivement, nous devons nous lever et défendre ce en quoi nous croyons sincèrement en tant que rassemblement de pays partageant les mêmes idées », a-t-il souligné.

Des pays, a-t-il ajouté, « profondément attachés aux normes qui constituent le fondement solide du système international, fidèlement engagés à consolider le multilatéralisme et la coopération internationale face aux redoutables défis contemporains (et) qui croient fermement, tant en paroles qu’en actes, que la charte des nations unies reste la seule boussole permettant à l’humanité de parvenir à la paix, de faire progresser les droits de l’homme et de favoriser une prospérité partagée pour tous ».

Dans cette perspective, Attaf a souligné « l’importance stratégique de la coopération et du partenariat nord-sud dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement durable », en plaidant la cause de l’Afrique et appelant à remédier à sa marginalisation dans tous les domaines de la vie internationale.

A.R.