Réalisation de stations de dessalement : L’Algérie vise l’autonomie

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Dessalement de l'eau. Tebboune : «L'Algérie est devenue le n°1 en Afrique»

PAR NABIL M.

Les projets de réalisation de stations de dessalement d’eau de mer permettront à l’Algérie non seulement de sécuriser ses besoins en eau, mais également d’arriver à une autonomie dans la construction, la maintenance et la fourniture d’équipements. Les stations de dessalement d’eau de mer qui sont en cours de réalisation ou en projet, au nombre total de 25 stations réparties à travers le territoire national, pour faire face au stress hydrique pour les années à venir, doit assurer ses équipements par des intrants fabriqués en « Algérie », a affirmé hier Mohamed Boutabba, PDG de la compagnie Algérienne de l’énergie (AEC), filiale du groupe Sonatrach.

Invité au Forum de la radio nationale, M. Boutabba a souligné que dans la première phase de réalisation de ces stations en EPC, qui comprend les travaux de construction, la
métallurgie, le câblage, la tuyauterie, etc., assurée à 100% par les entreprises nationales, mais le cœur de ces usines qui Les pompes et le filtrage sont une technologie importée, ce qui limite le Taux d’intégration nationale de ces réalisations entre 30 et 40 %.

Pour le PDG de l’AEC, la sécurisation de ces installations à travers une production locale des
intrants de ces stations est vitale pour l’Algérie. « Notre premier objectif est de sécuriser les installations à travers une.  » Production nationale qui protège le bon fonctionnement des équipements de ces  » Et qui nous évitera, à l’avenir, de recourir à l’importation « . assuré Boutabba, soulignant que l’AEC s’est engagée à assurer en local, l’organe le plus important dans une station de dessalement qui est la membrane d’osmose inverse.

Vers une production locale des membranes

A ce propos, le PDG de l’Aec a révélé que son entreprise est actuellement en phase de préparation pour la signature d’un contrat de partenariat avec une entreprise, dont l’identité n’a pas été révélée par le responsable, pour la production en Algérie de membranes de stations de dessalement.  » Nous avons exigé à notre partenaire, dont la signature de contrat est pour bientôt, que ces membranes soient fabriquées à 100% en Algérie « , a-t-il assuré, affirmant que ce produit, une fois produit localement coutera moins
cher que celui importé. Concernant les équipements de pompages, Boutabba a indiqué que son entreprise s’est entendue avec ses fournisseurs étrangers pour venir produire leurs équipements en Algérie, soulignant qu’en première étape, la maintenance de ces pompes sera assurée par une main d’œuvre locale, avant que la production de ces équipement soit assurée localement. Dans ce même sens, le même responsable a également fait savoir que son entreprise travaille actuellement avec une entreprise locale émergeante qui fabrique des filtres, dont des ajustements techniques sont en cours pour assurer la fourniture des stations.

Dans cette même lancée, le P-DG de la filiale de Sonatrach appelé les entreprises nationales à investir dans le domaine du dessalement, qui ouvre la voie à de belle perspectives à l’avenir.  » Les entreprises algérienne doivent venir vite vers ce secteur et choisir chacune un segment pour éviter l’importation des équipements « , a-t-il indiqué en rappelant que ces stations ont besoins de maintenances et de pièces de rechanges, assurant que son entreprise préfère acheter les équipements en dinars, ce qui ouvre la voie aux investisseurs locaux.

Un taux d’avancement des stations à plus de 50%

Par ailleurs et concernant le projet complémentaire relatif à la réalisation de cinq stations de dessalement de l’eau de mer dans cinq wilayas côtières, avec une capacité de production de 300.000 m3/jour chacune, Boutabba a fait savoir que la mise en exploitation des cinq stations, prévue pour décembre 2024, connaissait un taux d’avancement important, notamment la station de Fouka à Tipasa qui a atteint 60%, tandis que le taux oscille pour les autres stations entre 52 et 54%. Selon le même responsable, la mise en service de ces cinq stations, fera passer la capacité totale de dessalement de l’eau de mer de 18% actuellement à 42%, pour atteindre un taux de dessalement total de 60% avec l’entrée en production de six autres stations actuellement en cours d’étude. En plus de la réalisation de stations mobiles de dessalement, avec une capacité de production allant entre 2.500 et 2.700 m3 /jour.

M.N.