Réalisation des grands projets de Sonatrach : «Le recours au financement étranger n’est pas écarté»

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Sonatrach

/Eventualité d’un recours aux financements étrangers, satisfaction du marché national en matière des carburants, lancement de nouveaux projets d’investissement, la Sonatrach s’attelle à retrouver sa place d’avant 2006, une entreprise exportatrice de carburants.

Le recours au financement étranger n’est pas définitivement écarté de l’agenda du gouvernement. Avant-hier, le président de la République l’a confirmé en affirmant que le recours au financement étranger n’est pas interdit pour la réalisation de grands «projets productifs». Autrement dit, le recours à l’endettement étranger n’est pas une priorité, mais une éventualité en cas d’une nécessité absolue. La précision du Président est aussi une invitation aux opérateurs économiques à chercher ailleurs les ressources financières nécessaires pour leurs projets et ne pas compter uniquement sur les banques publiques. Dans ce sillage, le vice-président de la Sonatrach chargé de raffinerie et de pétrochimie, Baâtouche Boutouba, l’a dit en clair, hier, la compagnie nationale des hydrocarbures peut recourir au financement des banques étrangères pour la réalisation des grands projets dans le secteur des hydrocarbures qui nécessitent des sommes colossales. «Il n’est pas écarté de recourir à l’investissement accompagné par des banques étrangères eu égard que certains projets nécessitent de grands capitaux», déclare-t-il. Il s’agit donc d’une brèche qui s’ouvre pour les grandes entreprises d’aller chercher de nouvelles ressources financières en provenance de l’étranger pour la réalisation des grands projets productifs. Continuant dans son raisonnement, M. Boutouba évoque les grands projets dans ce secteur comme l’usine de raffinage pour la production du polypropylène, avec le français Total, qui rentrera en production en septembre 2022 et qui a coûté une somme de 1,5 milliard de dollars pour dégager 550.000 tonnes de polypropylène exportable. Deux autres projets sont également en maturation, avec deux autres partenaires étrangers. Il s’agit pour le premier d’une usine de crackage (mixte) de GPL et de naphtène et le deuxième pour la production du méthanol. Un troisième concernant l’alkyle-benzène, est en phase d’étude de base pour fabrication de détergents.

«On n’importera plus de carburants»

Durant cette période d’«austérité» et de limitation des dépenses de l’Etat à travers la réduction de la facture des importations et la préservation des réserves de changes, Abdelamdjid Tebboune estime nécessaire de ne plus importer de carburants pour un pays producteur de pétrole. La question qui se pose : est-ce que la compagnie nationale des hydrocarbures est, aujourd’hui, capable de couvrir les besoins du marché national en la matière ? Pour le haut responsable de la Sonatrach le programme de réhabilitation des raffineries du nord a donné des résultats importants qui ont fait éviter à l’Algérie d’importer les carburants durant l’exercice de 2021. Selon ce dernier, «les importations algériennes en matière de carburants a enregistré une forte baisse de 1,7 milliard de dollars en 2021 contre 2 milliards de dollars en 2020.» Tout en rappelant que «les 300 millions d’importation concernent uniquement les additifs». Pour ce qui est de la capacité de six raffineries dont dispose le pays, ce dernier avance un volume de 33,5 millions de tonnes annuellement. Pour ce qui est des besoins du marché national en matière de carburants, le représentant de Sonatrach estime le volume de consommation des Algériens à «10 millions de tonnes de gasoil et 3,8 millions de tonnes d’essence.» Toute en rappelant que la rentrée en production des deux raffineries de Hassi Massaoud et Sikida «nous permettront de retrouver notre place d’avant 2006, avec un excédant de production de 13 millions de tonnes par an à partir de 2026».

  1. B.