Renforcement de la production et du stockage des produits pétroliers : Le gouvernement prend les choses en main

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PAR NABIL M.

Le renforcement de la production et du stockage des produits pétroliers figure parmi les priorités de l’Etat visant à assurer la sécurité énergétique du pays, à travers la réalisation de plusieurs projets dans ce secteur stratégique. La question a été ainsi relevée hier par le gouvernement, lors d’une réunion présidée par le premier ministre Nadir Larbaoui, au
cours de laquelle une communication a été entendue sur la stratégie nationale de production et de stockage du carburant dans le cadre de la sécurité énergétique du pays, rapporte un communiqué des services du gouvernement.

Cette stratégie, poursuit le communiqué, vise à assurer l’exploitation et le développement
optimal des capacités de raffinage et à répondre de manière proactive à la demande croissante sur ce produit, en sus de la diversification des exportations. Une politique tracée par l’Etat et rappelée par le président de la République à travers des instructions qu’il avait
données lors du conseil des ministres tenu le 7 janvier dernier. Abdelmadjid Tebboune avait
appelé, rappelons-le, lors de ce conseil, à accélérer la réalisation d’une nouvelle raffinerie de pétrole à Hassi Messaoud, tout en soulignant l’importance économique du projet. Il avait insisté sur la nécessité d’entamer rapidement l’exploitation de cette raffinerie, « dans le cadre du renforcement de la production nationale en essence et gasoil, tout en s’orientant vers leur exportation », avait-il également précisé.

Cette nouvelle raffinerie, qui vise à répondre à la demande interne sur le moyen et long
termes et dégager des volumes à l’export, porte sur le raffinage de pétrole brut à conversion profonde d’une capacité globale de 5 millions de tonnes/an. Elle produira
sept principaux produits aux spécifications européennes Euro V, notamment le propane, le butane, l’essence NO 95, l’essence NO 91, le kérosène, le gasoil et le bitume. Le projet de la raffinerie comprendra pareillement la construction des unités Process, l’aire de stockage des charges et produits, la zone de torche, les utilités et les off-sites et les unités de traitement des effluents.

Des efforts remarquables dans l’autosuffisance

Lors de ce même conseil des ministres, le chef de l’Etat a affirmé que « l’Algérie avait tourné la page, ces quatre dernières années, de l’ère de l’importation de tout type d’essence, dont le kérosène », soulignant que le secteur de l’énergie se doit de maintenir cette tendance, tout en saluant les efforts consentis à ce titre. Avec ses cinq raffineries au niveau national, l’Algérie a réussi à passer d’un statut d’importateur de carburant à celui de producteur qui s’apprête à franchir le pas vers l’exportation de ce produit. Le pays est désormais autosuffisant dans la production de tous les dérivés du pétrole, ce qui a poussé les autorités à abandonner l’importation de carburants.

Malgré une tendance haussière de la consommation en local de carburant, qui a atteint
plus de 18 millions de tonnes en 2023 et qui devrait se poursuivre dans les années à venir, les capacités de production nationales sont capables de satisfaire cette demande, avait affirmé dernièrement le président de l’autorité dérégulation des hydrocarbures (ARH), Rachid Nadil. D’autant plus que l’Algérie a réalisé une autosuffisance en produits pétroliers
ces quatre dernières années, a-til rappelé, grâce aux efforts des hautes autorités, notamment à travers la réhabilitation des raffineries et l’augmentation de la capacité de production de ces produits.

A travers les raffineries de pétrole brut, le groupe Sonatrach a pu disposer d’une capacité de traitement de 25 millions de tonnes de produits par an et d’une raffinerie de condensat
d’une capacité de traitement de 5 millions de tonnes par an. Sonatrach a ainsi réussi à optimiser le schéma de raffinage permettant de satisfaire la totalité des besoins du marché national en carburant sans recourir à l’importation, ainsi que la finalisation de plusieurs projets dans la production de produits dérivés, particulièrement celui en cours de réalisation d’hydrocraquage du fuel à Skikda, qui vise à valoriser le fuel oil disponible au niveau de la raffinerie pour en produire du gasoil.

Aussi, le lancement en 2022 du projet de réalisation d’une nouvelle unité de Reforming de
naphta à la raffinerie d’Arzew, d’une capacité de production de 1,2 million de tonnes d’essence. Il est à rappeler que 52% des produits issus des raffineries sont destinés pour couvrir les besoins du marché national, notamment en GPL, essence, gasoil et lubrifiants, alors que le reste de la production des raffineries est destiné à l’export comme le naphta, le fuel-oil et les aromatiques.

N. M.