Ses pays se rencontrent demain dans un sommet sur la Palestine à Bahreïn : La ligue arabe suivra-t-elle les pas de l’Algérie ?

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sommet ligue arabe

Par Djilali B.

La ligue arabe s’apprête à passer une nouvelle épreuve, demain, au sommet qui s’ouvre à Bahreïn. L’attention est captée essentiellement, il va sans dire, par la situation en Palestine, particulièrement Ghaza qui est sous les bombes israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Le contexte et la rencontre seront déterminants pour les pays arabes.

Epreuve aussi pour les pays arabes pour suivre la vague qui secoue le monde pour appeler à l’arrêt du génocide en cours à Ghaza, et démontrer sa puissance face à un Israël qui défie la communauté internationale. Sa capacité à peser sur les événements pour leur faire prendre une autre trajectoire et faire fléchir le gouvernement sioniste de Netanyahu. Mission presque impossible tant Israël n’écoute même pas ses alliés et ses soutiens en poursuivant ses massacres, mais cela obligera les pays de la ligue arabe à mettre la barre plus haut que l’habituelle condamnation des crimes israéliens.

Il est évident qu’ils ne se mettront pas au niveau revendiqué par l’Algérie, à savoir la rupture des relations avec Israël, mais seront astreints à suivre la tendance internationale qui veut mettre ce gouvernement criminel au ban de l’humanité. En effet, l’engagement de l’Algérie à faire de la cause palestinienne sa priorité au conseil de sécurité de l’ONU ainsi que la reconnaissance de son Etat a eu un écho mitigé du côté de la sphère arabe, alors que le monde entier, à de rares exceptions, soutient les Palestiniens.

Ce jeudi sera cependant, au vu des développements que connaît Ghaza, particulier pour la ligue arabe, souvent en retard sur les événements en raison de son fonctionnement en mode machine lourde et des divergences au sein de sa composante, dans le sens où elle doit se surpasser pour rester dans l’échiquier. Devraient-ils aussi suivre l’exemple de l’Algérie en militant pour le cessez-le-feu durable et la reconnaissance de l’Etat palestinien. Et suivre l’exemple de cette dynamique de la jeunesse qui crie sa colère contre Israël et son soutien au peuple palestinien, comme évoqué par Hossem Zaki, vice-président de la ligue sur Sky News. Le numéro 2 de la ligue arabe plaide, lui, pour la paix stratégique même s’il reconnaît qu’il sera difficile de faire plier Israël que même les Etats-Unis n’arrivent plus à contrôler, a-t-il fait remarquer.

La solution viendra probablement comme l’a indiqué le secrétaire général de la ligue arabe, Abu El Gheit, par une conférence internationale pour deux Etats. Parce que, a-t-il estimé dans une déclaration hier, Israël et la Palestine ne peuvent pas régler le problème à eux seuls. Une telle perspective pourrait en effet ouvrir la voie à la création de l’Etat palestinien tout en mettant fin à la folie meurtrière du gouvernement Netanyahu, qui a renié tous les précédents accords avec la partie palestinienne et refuse l’idée même de l’existence de la Palestine comme Etat et peuple. Ce qui est le prétexte idéologique qui soutient son opération d’extermination des habitants de Ghaza. Opération que qualifie Abu El Gheit d’«épuration ethnique» et de «vengeance noire».

Dans son optique, une conférence internationale est le lieu indiqué pour mettre fin à ce conflit qui dure depuis 1948, aux souffrances des Palestiniens et amener Israël à accepter la solution à deux Etats et à respecter le droit international. A charge alors des pays de la ligue arabe de travailler ensemble dans ce sens. Cela d’autant qu’ils sont nombreux à disposer de leviers pour persuader même les alliés d’Israël. Ce serait un véritable sursaut arabe.

D.B.