Bâtiment construit sur une falaise à Bir Mourad Raïs : Le CARM recommande sa démolition

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Bir Mourad

/Le président du Club algérien des risques majeurs, Abdelkrim Chelghoum, a fait savoir hier à Alger que la destruction du bâtiment en construction sur une falaise en partie effondrée à Bir-Mourad Raïs, suite aux fortes chutes de pluie, est recommandée.

«Ce bâtiment, construit au bord d’une falaise, ne peut pas tenir, car les glissements de terrain sont évolutifs. Il n’y a aucune autre alternative que de le détruire», a estimé Chelghoum, président du club algérien des risques majeurs sur les ondes de la Radio algérienne.

«Une telle bâtisse n’aurait jamais dû être construite sur ce site»

Le président du CARM a également indiqué que cette promotion immobilière en cours de réalisation, de sept étages en surface et de quatre à cinq étages en sous-sol «n’aurait jamais dû être construite sur ce site». Et d’ajouter : «Le permis de construire n’aurait pas dû être délivré». Abdelkrim Chelghoum a demandé aux pouvoirs publics de procéder au « démembrement » du bâtiment de « façon technique intelligente pour ne pas toucher l’environnement et le voisinage ». Il y a presque une semaine, un effondrement rocheux d’une falaise surmontée d’une construction, au niveau de la station de transport des voyageurs de Bir Mourad Raïs a été enregistré. Alerté par ce qui venait de se produire, les responsables de la wilaya d’Alger ont fermé provisoirement la station de transports pour protéger les citoyens.

La DTP lance une expertise pour évaluer les risques

Pour ce qui est de la promotion immobilière, la Direction des travaux publics a annoncé qu’une expertise a été engagée par les services concernés du CTC d’Alger pour évaluer les risques. Pour finir, le président du Club algérien des risques majeurs a tenu à affirmer que « le cœur du problème de la prévention des risques majeurs c’est le choix des terrains à construire », avant d’ajouter « la cause principale des effondrements c’est le sol mal choisi. Pourtant, la loi sur les risques majeurs en vigueur est très claire », a-t-il assuré.

Chelghoum met en garde les futurs présidents d’APC

Le président du Club algérien des risques majeurs, Abdelkrim Chelghoum, a assuré hier que les futurs présidents des Assemblées populaires communales sont interpellés quant à l’organisation de toute action de prévention de ces risques. « La gestion des risques majeurs se fait à la base et non au  sommet. La mairie est la colonne vertébrale de toute action de prévention contre ces risques », a-t-il indiqué à quelques jours des élections locales anticipées prévues le 27 novembre courant. Abordant la loi 04-2020 sur les risques majeurs, il assurera que celle-ci est « excellente, mais son esprit n’a, à ce jour, pas été appliquée, parce que, dit-il, «il manque encore 30 textes d’application». Chelghoum ajoute : «L’Algérie n’a plus le temps et si la loi n’est pas appliquée d’ici 2 ans, nous connaîtrons des catastrophes que nous ne pourrons plus gérer ! ».

Il milite pour un observatoire national

Abdelkrim Chelghoum a plaidé pour la mise sur pied d’un Observatoire national, placé sous la tutelle de la présidence de la République, qui sera chargé de gérer les risques majeurs. « Il existe une Délégation des risques majeurs qui dépend du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, mais cette question relève de la sécurité nationale. Aussi, il y a lieu de revoir les responsabilités des uns et des autres, et la tutelle des institutions en charge des catastrophes. Ce pourquoi nous avons plaidé pour la mise en place d’un Observatoire national », a-t-il souligné.

Akli Amrouche (architecte-urbaniste) :
«Ce bâtiment a été construit dans les règles, pas besoin de le démolir»

Akli Amrouche, expert en architecture et en urbanisme, n’est pas du même avis que Chelghoum. Contacté par nos soins, il nous dira : «Il faut savoir qu’il est interdit de construire au bord d’une falaise, mais il y a des exceptions. Selon les informations dont je dispose, ceux qui ont bâti ce bâtiment ont fait les démarches qu’il fallait et ont eu aussi les autorisations qu’il faut. J’ai vu ce qui a été fait et je peux vous assurer que les choses ont été bien faites comme par exemple les murs et les fondations parasismiques. Il faut savoir aussi que le terrain a été renforcé, bien renforcé, donc il est possible de finir le projet. Pour l’instant, nous ne savons pas ce qui va se passer à l’avenir, ni quelles seront les décisions prises mais personnellement je pense qu’on peut également éviter qu’il soit totalement détruit.»

F. C.

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