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FFS, les sénatoriales ravivent les querelles

/Après sa participation aux élections locales, le FFS a opté pour la participation aux élections pour le renouvellement des deux tiers des membres du Conseil de la nation, la chambre haute du parlement, prévues le 5 février prochain.

La décision a été prise par la direction nationale du plus vieux parti de l’opposition, à l’issue d’une réunion tenue lundi dernier, à laquelle a échu la latitude de trancher la question, suite à l’échec de deux sessions du conseil national. L’une faute de quorum et la deuxième, pour cause de problèmes organiques. Le FFS, qui compte actuellement quatre sièges au conseil de la nation, dont deux en fin de mandat, table sur les résultats des dernières élections locales qui l’ont propulsé au rang de premier force politique à Béjaïa et Tizi-Ouzou, pour au moins remplacer les sièges de deux sénateurs sortant sinon avoir plus, en présentant 6 candidats notamment à Alger et Sétif notamment. Mais, le parti qui tranche pour les sénatoriales s’enfonce encore plus dans la crise puisque nombre de ses militants demandent à reconduire la même dynamique qui l’a vu boycotter les législatives.

Des militants ont demandé à leurs collègues élus de ne pas se porter candidats aux prochaines sénatoriales, au motif que «la candidature de X ou Y ne résout en rien la crise profonde de parti» et que «la décision de participation était prise (en violation des textes fondamentaux régissant le parti)».

D’’autres militants qui se réclament du titre de «militants de 63», ont ainsi lancé un appel, aux militants, membres du conseil national et tous les anciens cadres du parti du FFS à une réunion pour le 22 janvier à Akbou, dont l’ordre du jour est l’installation d’un comité de coordination et d’action et un large débat autour de la question. 

C’est en réaction à cela que la direction a organisé des rencontres fédérales où la décision a été tranchée par les élus, en expliquant que contrairement au suffrage universel où c’est le peuple qui vote, qui relève des prérogatives des membres du conseil national, les sénatoriales sont l’affaire des élus qui ont approuvé à 100% la participation du FFS. Qu’à cela ne tienne, la direction actuelle du parti représentée par Hakim Belahcel, affiche clairement sa volonté de ne pas faire cas de toutes les contestations, en mettant le cap sur les élections partant sur le prochain congrès inclusif,  pour lequel elle a installé une commission.

A. R.

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Belahcel, membre de l’instance présidentielle du FFS

«100% des élus ont demandé qu’on aille vers ces sénatoriales»

Le FFS a décidé de participer aux élections sénatoriales. Comment cette décision a-t-elle été prise ? Ya-t-il eu un consensus au sein du parti ?

Il y a eu une réunion de la direction nationale, lundi dernier, où on a débattu sur le sujet pendant une demi-journée. Puis, il y a eu une décision de la majorité pour la participation.

Cette réunion fait suite à 2 sessions du conseil national autour du sujet mais, qui ont échoué. Que s’est-il passé ?  

Il y a eu effectivement 2 sessions du conseil national. La première, il n’y avait pas le quorum. Puisqu’il manquait 2 membres pour l’atteindre. Et la deuxième session, il y avait le problème de la présence de deux  personnes qu’on a radiées parmi un groupe qui était contre la participation  auxquels on a demandé de quitter la salle et qui ont refusé de le faire. Quand on a vu qu’il y avait un problème, on a préféré annuler le conseil national. Suite à cela, nous les cinq membres de l’instance présidentielle, on a tenu une réunion et décidé que c’est la direction nationale qui tranchera la question de la participation aux élections sénatoriales. Donc, on a convoqué une réunion de la direction qui, à la majorité, a pris la décision d’y aller. On  a préféré que cela soit la décision de la direction, comme on a fait lors des sénatoriales de 2013, en 2017. Bien sûr, on fait la différence entre les élections législatives, ou c’est un suffrage universel, là c’est le peuple qui vote, donc, cela relève des prérogatives du conseil national. Mais, maintenant, c’est le collège des élus. Nous avons fait des rencontres des élus dans toutes les fédérations. Et il y avait 100% des élus qui ont demandé qu’on aille vers ces sénatoriales.  Donc, c’est le collège des élus qui vote et cela n’a rien à voir avec les élections législatives.

Cette décision va à l’encontre du courant qui appelle à la non-participation…

Lors des élections, on n’a pas vraiment boycotté les législatives. On a dit que la situation ne se prêtait pas à la tenue de ces élections, en raison du climat qui régnait alors. Mais, cette fois-ci, les élus ont dit qu’on ne va pas laisser ces deux postes pour être pris par les indépendants ou les partis du pouvoir. On a deux postes de sénateurs sortants qui vont êtres remplacés. Même si on ne part aux sénatoriales, pour ceux qui prônent la non participation, va-t-on demander aux deux sénateurs qui sont à l’intérieur de se retirer ? Ce n’est plus de la politique. C’est impossible.

Le FFS semble tabler sur les wilayas de Béjaïa et Tizi-Ouzou pour avoir des sièges au conseil de la nation.

Aujourd’hui, il y a eu les élections primaires à Alger où il y a eu 3 candidats dont un qui est déjà gagné selon les résultats du vote. Il s’appelle Farid Oumohamed, qui était un candidat à l’APW. On a un candidat à Tizi-Ouzou qui est Youcef Aouchiche, l’actuel P/APW, à Béjaïa, notre candidat aux élections sénatoriales en la personne du P/APW actuel, Haddadou Mehenni, et un candidat à Sétif, mais, à Bouira, on n’a pas eu de candidat, même si on a appelé à le faire. Donc, on a tablé sur 6 wilayas, mais, c’est à Tizi-Ouzou et à Béjaïa, où on a le plus grand nombre d’élus qu’on est sûrs de gagner. À Alger, cela nous a permis de mobiliser nos élus. Sur 91 élus, il y a une mobilisation de 79 qui sont venus voter. Pour nous, c’est plus que positif. Le parti compte 945 élus. C’est un vote obligatoire, donc, si on ne part comment va-t-on gérer cette situation ? Quelle directive donner à nos élus ? Voter à blanc ? On préfère assumer.

Cela a fait ressurgir de vielles querelles intestines, notamment de la part des élus de 63 qui ont rendu public un communiqué à cette occasion appelant au boycott…

Ce sont des positionnements. Nous, on prépare un congrès, installé une commission et appelé à un rassemblement et à ce que tout le monde se rapproche des sections et des fédérations pour établir leurs cartes, on n’a exclu personne. Maintenant, s’ils veulent faire un parti parallèle, c’est leur problème.  Pour nous, ceux qui font ce genre d’appels, on ne leur ferme pas les portes, elles sont ouvertes s’ils veulent faire la politique ou défendre leurs idées. Ils sont les bienvenus, ils n’ont qu’à faire leurs cartes et se défendre à l’intérieur du parti, non pas à l’extérieur. S’ils appellent au boycott, qui va les écouter. Le parti a appelé aux élections et ses élus sont disciplinés. On aurait aimé tourner la page, mais on va aller au congrès et que le meilleur l’emporte.

A. R.

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