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Filière avicole : «La production locale de poulet revient à 250 DA»

/La première question à laquelle le forum organisé, hier, à la chambre nationale de l’agriculture devait répondre était : pourquoi le poulet est-il devenu aussi cher ? Pour les uns, c’est en raison de l’absence de régulation de la filière, pour les autres, c’est à cause du nombre élevé de producteurs dans l’informel.

Pour Madjid Tefka, vétérinaire et membre du Conseil national interprofessionnel de la filière avicole, le problème est l’absence de subvention pour ce secteur malgré son dynamisme. «Une filière qui enregistre, ces dernières années, 10% de croissance par an au moment où la croissance mondiale est de 5% en moyenne, et sans aucune subvention pour les producteurs ni pour le consommateur», s’insurgera-t-il. Selon lui, la crise actuelle que vit le secteur trouve son origine en 2019 lorsqu’il y a eu une surproduction qui a fait baisser les prix à un niveau très bas, alors que les ennuis ont commencé l’année suivante avec le Covid-19 et la baisse de la consommation en raison de la fermeture des restaurants, la flambée des prix des aliments parce que la Chine avait absorbé la quasi-totalité de la production mondiale, et la dévaluation du dinar algérien. On apprendra, ainsi, que la production nationale était, alors, passée à 12 millions de poulets/semaine alors que les besoins sont de 8 millions de têtes/semaine. «Tous ces facteurs ont accentué la faillite des éleveurs dont une bonne partie a abandonné l’activité. Et c’est ainsi que l’on s’est retrouvé, en 2021, avec une production en baisse et une demande en hausse», tonnera-t-il.

«80% des éleveurs sont dans l’informel»

Dans son intervention, Madjid Tefka relèvera 3 points dont souffre la filière : l’absence de régulation qui puisse juguler les besoins et les volumes de production, le côté sanitaire avec le manque de contrôle chez les producteurs, et «l’économie à 2 vitesses qui fait que la fiscalité favorise l’informel». Et en parlant d’informel, il révèlera que sur les 20.000 éleveurs recensés, 80% sont dans l’informel, ne payant ni taxes, ni impôts. De son côté, le Dr Abdelaoui, vice-président du CNIFA, abondera dans le même sens en regrettant que le désastre des éleveurs est accentué par la forte dépendance de l’étranger en matière d’intrants (aliments). «Depuis 1980 à ce jour, on n’a pas encore réussi à régler cette problématique» regrettera-t-il. Mais il suggérera que, pour minimiser les dégâts futurs, le CNIFA a proposé un équilibre entre l’amont et l’aval en situant les besoins à 6-6,5 millions de poulet/an. «Un cahier des charges a été proposé au ministère de l’Agriculture pour réajuster le tir». Tous seront unanimes à avertir que si l’importation du poulet était ouverte, le Brésil pourrait inonder le marché avec un poulet qui revient à 65 DA, alors que la production nationale culmine à 250 DA le poulet.

B. A.

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