L’Algérie s’impose sur le marché du GNL

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PAR NABIL M.

Le gaz algérien continue de marquer des records en exportation, grâce à la dynamique du secteur énergétique du pays, tirée par une situation géopolitique favorable d’une part et une volonté de l’Etat de booster le secteur, d’autre part. Selon des données publiées dans un récent rapport de l’organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (Opaep), les
exportations algériennes de gaz naturel liquéfié (GNL) ont réalisé en 2023 un bond significatif jamais réalisé depuis 2010, permettant à l’Algérie de se classer à la tête des pays exportateurs de GNL en Afrique, détrônant ainsi le Nigeria qui occupe cette position depuis plus d’une décennie.

Les exportations algériennes de GNL ont ainsi enregistré une augmentation de 26,1% en 2023 par rapport à 2022, selon le rapport, soit le taux de croissance le plus élevé non seulement en Afrique, mais également parmi les pays arabes. Les exportations totales algériennes de GNL se sont élevées à 12,9 millions de tonnes, contre 10,2 millions de tonnes l’année d’avant. Dans le détail, le rapport de l’Opaep démontre que les exportations du GNL algérien se sont élevées, au cours du premier trimestre 2023, à 2,8 millions de
tonnes, puis elles ont augmenté à 3,3 millions de tonnes au deuxième trimestre et ont bondi au troisième à 3,6 millions de tonnes. A la fin du quatrième trimestre, elles ont enregistré le taux de 3,2 millions de tonnes.

Un rôle majeur et un fournisseur fiable

L’Algérie compte parmi les sept pays exportateurs de GNL en Afrique (Nigeria, Egypte, Angola, Cameroun, Mozambique et Guinée équatoriale) couvrant dans leur totalité une capacité mondiale de liquéfaction à hauteur de 15,5%. L’Algérie se positionne au premier
plan en tant que fournisseur de l’Europe et des pays de la région à partir du continent africain, vu son emplacement stratégique qui lui permet de transporter son gaz via gazoduc, mais également par voie maritime.

Sur le plan arabe, l’Algérie a également marqué une performance pour l’année 2023, en enregistrant un meilleur taux d’exportation de GNL. Les exportations de la majorité des pays arabes ont diminué à hauteur de 1,5% sur une moyenne annuelle, à l’exception de l’Algérie, rapportent les données de l’Opaep. Alors que l’Algérie enregistre une croissance des exportations de plus de 26%, le Qatar, lui, a fini l’année 2023 avec seulement 0,2% et les Emirats arabes avec 6,6%.

Les performances de l’Algérie en matière d’exportations de GNL font profiter ses clients contractuels qui se sont habitués à traiter avec l’Algérie en tant que fournisseur fiable qui assure leur approvisionnement. Selon les données du même rapport, à la tête des clients du gaz liquéfié de l’Algérie, on retrouve la Turquie avec 4,3 millions de tonnes de gaz importés, dépassant les obligations contractuelles entre les deux parties, qui s’élèvent à 3,2 millions de tonnes par an, selon le rapport de l’Opaep. La société turque Botas a tenu
dernièrement à renouveler pour trois années supplémentaires son contrat de vente et d’achat de gaz liquéfié conclu avec Sonatrach jusqu’en octobre 2027, après l’avoir précédemment renouvelé pour 10 ans en 2014.

La France arrive en deuxième position avec un total de 3,2 millions de tonnes de GNL importés d’Algérie, suivie de l’Italie en troisième place avec un total de 1,8 million de tonnes, l’Espagne en quatrième place avec un total de 1,4 million de tonnes et enfin la Chine en cinquième place, avec un total de 0,4 million de tonnes de GNL algérien.

Augmenter la production pour conquérir d’autres marchés

L’Algérie fait partie des pays jouissant de relations stratégiques avec ses collaborateurs européens, ainsi que d’une grande crédibilité qui s’étend depuis des décennies en matière d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié et de gaz par pipeline, grâce à ce qu’elle possède comme infrastructures d’exportation, de stations de liquéfaction à Skikda et
Arzew (Oran), ou de pipelines la reliant au marché européen comme l’Italie et l’Espagne. Il est à noter que face à la hausse de la demande mondiale et européenne, en particulier sur le GNL, l’Algérie a revu à la hausse ses objectifs en matière de production pour atteindre 30 millions de tonnes à l’avenir. Ce qui lui permettra d’augmenter davantage ses exportations non seulement pour satisfaire ses clients traditionnels, mais aussi pour atteindre de nouveaux marchés sur d’autres continents.

Les pouvoirs publics, à travers la compagnie nationale Sonatrach, s’attellent à l’amélioration de la production gazière du pays, le GNL en particulier, afin de renforcer la position de l’Algérie sur le marché international et pouvoir faire face à la rude concurrence des autres acteurs gaziers à travers le monde.

N. M.