L'Algérie Aujourd'hui
Le Monde

Le Sri Lanka plonge dans le chaos

Les autorités srilankaises ont intensifié le déploiement de l’armée et de la police, hier, pour faire face aux manifestations anti-gouvernementales qui ont dégénéré en violences entre les partisans et les opposants du président Gotabaya Rajapaksa. Les manifestations se sont poursuivies malgré l’imposition d’un couvre-feu rigoureux par les autorités, à la suite de la mort de 5 personnes, au cours de ce qui est considéré comme les « pires » violences depuis le début de manifestations contre le président et son gouvernement, il y a de cela quelques semaines, rapporte l’agence de presse américaine Associated Press. Ces violences avaient eu lieu dans contexte d’annonce de la démission du frère cadet du président, le Premier ministre Mahinda Rajapaksa, qui n’a pas atténué la colère des opposants qui protestaient contre la mauvaise conjoncture économique. Les manifestations avaient fait 200 blessés, dans la journée du lundi. Dans un même contexte, l’armée a pu transférer le Premier ministre démissionnaire et sa famille, vers un lieu sûr, hier, après la prise d’assaut de son quartier général officiel dans la capitale Colombo, dans la nuit, par des milliers de manifestants, d’après les médias locaux. La police a tiré des grenades de gaz lacrymogènes et des coups de semonce pour maîtriser les protestations et dissuader les manifestants d’attaquer la résidence des officiels. La police srilankaise a imposé un couvre-feu à durée indéfinie dans la capitale, dans la journée du lundi. Dans une même perspective, la Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a condamné les violences au Sri Lanka qui durent depuis des semaines.

L’ONU appelle à la retenue

Dans un communiqué, elle a appelé les autorités à « faire preuve de retenue et à écouter la population », et a exhorté les autorités à mener une « enquête indépendante et transparente sur ces événements », et ce, dans le but d’instaurer un dialogue national plus approfondi et des réformes structurelles. Les violences avaient débuté après l’arrivée de plusieurs milliers de partisans du Premier ministre Mahinda Rajapaksa dans les environs du bureau du président, où les manifestants s’étaient rassemblés. Le président srilankais avait déclaré l’état d’urgence dans le pays vendredi dernier à minuit, pour des raisons de sécurité, dans le cadre d’une grève nationale déclenchée par les syndicats, pour exiger la démission du gouvernement. L’état d’urgence dans le pays – qui est déclaré pour la deuxième fois en 5 semaines – donne aux forces de sécurité des pouvoirs élargis face à des manifestations de grande ampleur. Le Sri Lanka subit, depuis plusieurs mois, de graves pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments. La crise économique – la pire depuis l’indépendance du pays en 1948 – a éclaté après la pandémie de coronavirus, et a entraîné une baisse significative des revenus du tourisme et des envois de fonds des expatriés.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez refuser si vous le souhaitez. Accepter En savoir plus