Les institutions financières internationales le confirment : Enfin, la désinflation !

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Economie algériennes : La banque mondiale table sur des perspectives positives

Par R. Akli

 La banque mondiale (BM) confirme à nouveau l’amorce d’une nouvelle tendance soutenue au recul du rythme de l’inflation en Algérie, même si celle-ci, faut-il le souligner, continue à évoluer à des niveaux encore élevés.

 De fait, après avoir caracolé durant les deux années précédentes à des taux record frôlant les 10%, le taux d’inflation moyen, soit la tendance générale de l’évolution des prix à la consommation, entame désormais une courbe descendante, qui devra se poursuivre sur les deux prochaines années selon la plupart des prévisions, dont celles des principales institutions financières internationales que sont le fonds monétaire international (FM) et plus récemment la BM. «L’inflation a commencé à décélérer», relève ainsi cette institution de Bretton Woods à travers son dernier rapport de suivi de la situation économique en Algérie, publié à la fin de la semaine écoulée. Un recul qui intervient dans un contexte de «baisse soutenue des prix des produits alimentaires frais», de «dinar fort» et de «baisse des prix à l’importation», précise la BM, en soulignant qu’après s’être maintenue en 2023 à un niveau de 9,3%, l’inflation en glissement annuel, c’est-dire en comparaison avec la même période de l’année dernière, a ralenti à 5% au cours du premier trimestre de 2024, soit «le plus bas niveau en trois ans», observe-t-elle. En moyenne annuelle, soit en comparaison avec le rythme moyen de l’évolution des prix sur l’ensemble de l’année précédente, les nouvelles prévisions arrêtées à travers le même rapport, indiquent clairement une tendance continue à une désinflation progressive à compter de cette année et jusqu’à 2026. Ainsi, après le pic de 9,3% enregistré consécutivement en 2022 et 2023, le taux d’inflation moyen devra finir l’année en cours à un niveau de 7,5%, avant de se tasser encore davantage durant les deux prochaines années pour s’afficher respectivement à 6,4% et 6,1% en 2025 et 2026, selon les anticipations de la BM. Celle-ci relève dans le même contexte que pour atténuer l’inflation importée (hausse des prix à l’importation), «et après quatorze années consécutives de dépréciation», la banque d’Algérie (BA) a soutenu une appréciation de 6,6% du dinar algérien par rapport au dollar américain entre juillet et décembre 2022.

Lutte contre l’inflation importée

 Depuis, ajoute l’institution, la BA «a soutenu un taux de change officiel à peu près stable par rapport à l’euro et au dollar, tandis que le dinar s’est apprécié de 5,2% par rapport au yuan chinois», monnaie du principal fournisseur de l’Algérie en divers biens et services d’importation. Dans cet ordre d’idées, force est de souligner que selon les évaluations officielles, l’inflation importée, née du renchérissement généralisé des prix des biens provenant de l’importation, pèse pour plus de 60% dans la structure de l’inflation globale enregistrée ces quelques précédente années en Algérie. D’où, faut-il le préciser, le choix affirmé des autorités du pays d’œuvrer désormais à renforcer progressivement la parité du dinar par rapport aux devises-clés, avec comme objectif affiché de lui faire regagner à terme jusqu’à 30% de sa valeur, afin d’aider ainsi à juguler les pressions inflationnistes et de soutenir par-là même les efforts budgétaires consentis en faveur de la protection du pouvoir d’achat des ménages. Un recul des pressions inflationnistes qui commence donc à se préciser, comme le fait ressortir le nouveau constat de la banque mondiale, qui vient ainsi s’ajouter à celui établi dans le même sens par le fonds monétaire international (FMI), dont le dernier rapport sur l’économie algérienne, publié fin mars dernier, prévoyait également l’amorce d’un cycle de désinflation soutenu en Algérie à partir de cette année. Le fonds, faut-il en effet le rappeler, avait établi de nouvelles projections faisant état d’un recul du taux d’inflation moyen en Algérie à 7,6% en 2024, 6,4% l’année prochaine, 6,1% en 2026, 5,5% en 2027, puis 5,2% et 5% en 2028 et 2029. A noter que selon les objectifs énoncés par le président de la République lors de sa dernière entrevue avec des représentants de médias nationaux, l’inflation devra continuer à s’atténuer graduellement durant les quelques prochaines années, de sorte à parvenir à la contenir dans des proportions «qui ne devront pas dépasser les 4% au maximum», a-t-il affirmé.

A.R.