Lutte contre le terrorisme : L’Algérie décline son « approche globale » au conseil de sécurité

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Algérie à l'ONU

PAR DJILALI B.

L’approche sécuritaire ne peut éradiquer le phénomène. Une stratégie globale allie l’option
militaire à des programmes de développement socioéconomiques pour éliminer les causes
profondes de la prospérité du terrorisme. L’Algérie continue de plaider pour une approche globale dans la lutte contre le terrorisme et de sensibiliser autour de sa stratégie intégrée pour combattre avec efficacité le terrorisme et ses causes.

Une approche assise sur l’aspect sécuritaire primordiale pour combattre les groupes terroristes, mais aussi sur le développement socioéconomique pour développer les régions pauvres et politiquement instables qui constituent un terreau fertile où prospère le terrorisme. C’est en substance ce qu’a développé ce jeudi au conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de l’Algérie, Amar Bendjama.

En effet, s’exprimant jeudi dans une réunion du conseil de sécurité sur « les menaces contre
la paix et la sécurité internationales résultant d’actes de terrorisme », M. Bendjama a appelé à une coordination internationale en intégrant les organisations régionales et les mécanismes onusiens et régionaux pour lutter plus efficacement contre ce phénomène.
Il a affirmé à ce sujet que « pour vaincre des groupes tels que Daesh, nous avons besoin d’une coopération mondiale », précisant dans ce sens que « la collaboration avec les gouvernements, les groupes régionaux et les organisations antiterroristes des nations unies est cruciale ».

La menace Daesh

Le diplomate algérien citera, pour illustrer son propos, le groupe Daesh ou Etat islamique dont la menace est persistante, en s’appuyant sur le dernier et préoccupant rapport de l’ONU sur ce groupe et ses « filiales » activant dans les zones de conflit où ils représentent « une menace sérieuse ».

« Bien que la capacité de Daesh à mener des attaques en dehors de ses bastions semble réduite, le groupe pourrait facilement resurgir en Irak et en Syrie si nous réduisons nos efforts pour le contrer », a-t-il indiqué, ajoutant que « les affiliés de Daesh se développent en Afrique, profitant des conflits existants ». Rappelant que le terrorisme se nourrit de l’instabilité, de la précarité et de la détresse et de l’injustice, M. Bendjama a estimé que la seule approche sécuritaire dans la lutte contre le terrorisme ne peut aboutir. « Nous devons donner la priorité à la consolidation de la paix, à la diplomatie et au développement pour résoudre les conflits qui permettent à ces groupes de s’implanter », a-t-il souligné. Il a appelé à conjuguer les efforts dans le cadre d’une approche collective où la coordination reviendra à l’ONU. Mais pas que. Il a mis en exergue la nécessité de plus de transparence
et d’engagement « dans le processus d’inscription afin de garantir un examen objectif des preuves soumises par les Etats membres », a-t-il précisé. Ce propos renvoie à l’absence d’une définition consensuelle du groupe terroriste créant ainsi une confusion, par exemple, entre une résistance pour la libération et des groupes radicaux dont les objectifs sont de prendre le pouvoir par les massacres, les attentats à la bombe pour imposer une doctrine globalement rejetée. Ce qui est d’ailleurs le cas aujourd’hui avec la résistance
palestinienne cataloguée terroriste.

Le recours aux technologies de l’information

Et M. Bendjama de rappeler, outre les causes du terrorisme, que les groupes terroristes ont
recours aux technologies de l’information, l’internet notamment pour la radicalisation, le recrutement et le financement avec parfois des connexions avec les autres réseaux du crime organisé. Les mécanismes étatiques à eux seuls ne peuvent mettre fin aux activités terroristes. D’où la nécessité d’actions coordonnées entre les Etats dans le cadre de l’ONU ou régional. Et d’ajouter que l’Algérie appuie les actions pour tarir les sources de financement du terrorisme. L’on peut citer à ce sujet les divers trafics, de drogue et d’armes, la traite des êtres humains, la contrebande, mais surtout le paiement de rançons contre la libération des otages.

Cependant, rares sont les pays qui refusent le chantage des terroristes et refusent de payer les rançons. L’Algérie et les Etats-Unis sont en tête des pays qui refusent de payer des rançons qui contribuent à renforcer les capacités des groupes extrémistes. Il a enfin dit : « Nous soutiendrons activement l’aide au renforcement des capacités de lutte contre le terrorisme pour les pays vulnérables et poursuivrons les efforts visant à mettre en œuvre
la stratégie antiterroriste mondiale des nations unies. »

D. B.