Foncier agricole : l’État s’engage à lever tous les obstacles

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Agriculture

Considéré comme élément indispensable pour le développement du secteur agricole, le foncier agricole a toujours été au cœur des préoccupations des hautes autorités de l’État.

PAR NABIL M.

La nécessité de préserver et de protéger ce précieux portefeuille et de réfléchir à toutes les manières possibles de le mettre au profit des investisseurs a été mise en avant par le ministre de l’agriculture et du développement rural, Youcef Cherfa, lors de sa visite de travail effectuée hier dans la wilaya de Médéa. En écoutant une présentation faite par le directeur des terres agricoles de la wilaya, sur les fonciers appartenant à la propriété privée de l’Etat exploités dans le cadre de la concession, le ministre a souligné l’importance accordée par l’Etat à ce secteur et sa volonté de lever tout ce qui peut entraver les opérations d’investissement agricole et le développement du secteur. A ce propos, le ministre a affirmé que « l’Etat œuvrera à trouver des solutions et des mécanismes appropriés pour tous les problèmes liés au foncier agricole, afin de sécuriser les exploitants et les investisseurs au profit de la production nationale ».

Il a rappelé lors de cette même visite toutes les mesures prises par les pouvoirs publics au profit des agriculteurs et de la relance de la production agricole, notamment pour les filières stratégiques. Ces terres agricoles, faut-il le rappeler, sont une ressource de production et un garant de la sécurité alimentaire du pays, d’où la nécessité de les préserver et les protéger, par toutes les voies possibles, contre toute forme de dégradation ou de gaspillage. Lors de ses sorties sur le terrain, l’office national des terres agricoles (Onta) avait recensé plus de 13.000 ha de terres en surplus n’ayant pas été encore distribuées et plus de 50.000 ha disponibles provenant des opérations de récupération, ajouter à cela plus de 34.000 ha de terres exploitées illégalement.

Dans ce cadre, il est à rappeler les instructions du président de la République, données lors d’une réunion du conseil des ministres en décembre 2023, à l’effet de « régulariser définitivement les dossiers de mise en valeur des terres agricoles d’ici à fin janvier
2024 ». Suite à ces instructions, la tutelle avait adressé une correspondance à 35 wilayas concernées pour lever les obstacles qui entravent la régularisation du dossier.

Une spécialisation dans les cultures stratégiques

Sur un autre volet, Cherfa a annoncé, au cours de sa visite dans cette même wilaya, que les 174 anciennes fermes pilotes transformées en unités de production agricole vont se spécialiser désormais dans la culture des légumineuses, les oléagineux, la semence et l’arboriculture qui font partie des grandes cultures stratégiques. Selon le ministre, les unités de production agricole vont fonctionner sur la base d’outils de gestion moderne, et sont appelées à adapter leur travail à ce qu’il y a de plus performant en matière de procédés de production. Le but, at-il dit, est que ces unités agricoles « puissent contribuer à notre sécurité alimentaire ». Dans ce sens, Cherfa a souligné que parmi les objectifs assignés à certaines de ces unités de production agricoles situées dans plusieurs régions du pays, la réalisation des 150.000 ha de légumineuses au titre de la campagne moissons battages 2024.

Par ailleurs, en marge d’un exposé sur l’état d’avancement du projet de réalisation de nouvelles structures de stockage de céréales, le ministre de l’agriculture a invité les responsables de la direction des équipements publics (DEP), qui chapeaute l’opération, à lancer « sans tarder » et « le plus tôt possible », la réalisation de complexes de stockage de proximité. Il a saisi cette occasion pour rappeler le caractère « vital » de ce projet, qui entre dans le cadre de la sécurité alimentaire du pays à travers le renforcement de ses capacités de stockage de céréales, et a insisté pour que le démarrage de la construction de ces complexes intervienne « avant la mi-avril », afin de pouvoir les réceptionner dès décembre prochain.

Par ailleurs, le ministre de l’agriculture et du développement rural a rappelé le plafonnement « prochain » de la marge bénéficiaire pour des produits importés comme la viande, au même titre que ce qui est en vigueur pour les légumineuses, dans l’objectif de « protéger le pouvoir d’achat des citoyens, réguler le marché et garantir une abondance de l’offre », a-t-il dit.

N. M.