Secteur des œuvres universitaires : Des centaines de milliards économisés grâce à la numérisation

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Par M. Mansour

« La numérisation se réalisera de gré ou de force. » Le propos résolu tenu par le président de la République, il y a quelque temps, témoigne d’une volonté affirmée de moderniser l’administration publique à tous les niveaux. Dans la même veine, le chef de l’Etat avait également déploré les manœuvres de certains nostalgiques qui voudraient renouer avec la corruption généralisée. Une résistance qui semble ignorer la détermination des pouvoirs publics à éradiquer ce fléau grâce à la numérisation, dont les effets bénéfiques commencent à se manifester dans plusieurs secteurs.

En effet, plusieurs secteurs témoignent des progrès réalisés grâce à l’effort de numérisation démontrant, par-là même, que cette transition ne se fait pas dans une logique étroite d’économie de ressources, mais elle incarne, au contraire, une véritable métamorphose, une mue vers une gouvernance plus transparente, dynamique et efficiente. Dans cette optique, la généralisation de la numérisation supervisée par le haut commissariat à la numérisation se pose comme une nécessité absolue, un prérequis incontournable pour établir les bases d’une « administration publique 2.0 ».

Réduction du gaspillage alimentaire

Cette détermination à moderniser les administrations publiques à travers la transition numérique se matérialise désormais par des résultats tangibles, mettant en lumière les dérives dangereuses du passé. Un exemple probant en est, d’ailleurs, donné par le directeur général de l’office national des œuvres universitaires (Onou), Mourad Korichi. Dans une déclaration à la presse hier, il a souligné les avancées significatives dans la gestion des ressources financières, se traduisant notamment par une réduction significative du gaspillage alimentaire, avec une diminution du nombre de repas servis de plus de 780.000 à une fourchette allant de 400.000 à 500.000. L’introduction du portefeuille de tickets électroniques a également simplifié les paiements et réduit les coûts administratifs.

Concernant le transport universitaire, l’application MyBus a modernisé la gestion des bus en permettant aux étudiants de suivre les horaires et les itinéraires en temps réel, a-t-il expliqué, soulignant que celle-ci a permis à l’administration de surveiller l’activité des bus, optimisant ainsi l’utilisation des ressources et réduisant les coûts opérationnels. En termes économiques, l’utilisation de la carte multiservices a généré des économies de 5 milliards de dinars entre octobre 2023 et janvier 2024.

En parallèle, le secteur de la santé a, lui aussi, enregistré des avancées significatives, en particulier pour la pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), grâce au processus de numérisation. Au cours de sa première phase, la PCH a traité avec succès plus de 80.000 bons de commande électronique. Grâce à cet effort de numérisation, la PCH et le ministère de la santé bénéficient désormais d’une vue précise sur les stocks de médicaments dans les hôpitaux. La nouvelle version numérisée du bon de commande fournit également au ministère de la santé des informations sur les produits périmés, simplifiant ainsi la gestion et l’utilisation efficaces des ressources financières des établissements de santé.

Changements significatifs et avantages concrets

S’agissant du secteur des finances, le système Djibayatic a été généralisé à 40 centres fiscaux, avec un ajout de 5 centres chaque mois. Au total, 43 centres d’impôts et 37 centres de proximité d’impôts, ainsi que la direction des grandes entreprises (DGE) ont été numérisés jusqu’en février de l’année en cours. De plus, le portail Moussahamatic a été étendu à 242 recettes d’impôts dans 31 directions de wilaya.

Concernant les douanes, trois projets ont été mis en œuvre, notamment le centre de données et le réseau de communication, ainsi que le nouveau système d’information des douanes algériennes. Dans le secteur des domaines, une numérisation complète est en cours via un système d’information dédié, avec des plateformes numériques pour les opérations cadastrales et de conservation foncière.

Le secteur de l’éducation nationale n’est pas en reste. Intervenant il y a quelques jours, le ministre du secteur a tablé sur une dématérialisation complète des administrations au niveau des établissements scolaires d’ici 2029. Les réformes numériques, annoncées par le ministre débuteront dès la prochaine rentrée scolaire, avec l’inscription en ligne pour la première année de l’école primaire, le 2 mai prochain. Le secteur bénéficiera d’opérations de numérisation, incluant la réinscription et la réorientation en ligne, ainsi que la distribution de documents scolaires via la plateforme numérique du ministère.

Ainsi, les progrès observés dans divers secteurs grâce à la numérisation témoignent de l’efficacité de cette stratégie, mettant en lumière les changements significatifs et les avantages concrets qu’elle apporte à la gestion publique et aux services offerts aux citoyens.

M.M.