Après Hamoud et Coca, le ministre du Commerce recadre Celia : La bataille des prix

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Le ministre du commerce et de la promotion des exportations, Tayeb Zitouni, poursuit sa campagne en faveur d’une révision de la structure des prix, en donnant, quand l’occasion s’y prête, des exemples tangibles sur les dépassements qui peuvent survenir dans ce domaine.

PAR M. MANSOUR

En marge de l’inauguration, hier, du salon Mitidja, dédié à la production et à l’exportation, le ministre du commerce a marqué plusieurs arrêts en sillonnant les stands, afin d’échanger avec les représentants des entreprises exposantes. A proximité du stand de la marque Celia, affiliée au groupe français Lactalis, M. Zitouni a interpellé l’un de ses représentants pour amorcer la discussion sur les prix excessifs appliqués par la marque. En réclamant le prix de la boîte de 400 g de lait infantile, il s’est fait signifier que celle-ci coûtait 760 DA l’unité.

Après un bref calcul, M. Zitouni a fait remarquer que le prix du kilo de lait infantile à 1800 DA est injustifié, puisque son prix à l’import ne dépasse pas 4 ou 5 €. « Bien que les opérateurs de l’industrie de transformation s’efforcent de maintenir la disponibilité de ces produits, comme vous le faites vous-même, je considère que commercialiser ce lait infantile dont le coût à l’importation ne dépasse pas les 4 ou 5 € à un prix aussi élevé ne peut être considéré que comme du vol », a-t-il asséné.

Devant les objectifs des caméras des chaînes de télévision publiques et privées, le ministre a affirmé son intention d’aborder cette problématique avec la direction de l’entreprise, certainement pour discuter encore une fois de la structure des prix et des efforts à fournir pour sa révision, dans la perspective de la préservation du pouvoir d’achat. C’est d’ailleurs dans ce contexte que le ministre s’est adressé à un importateur de fournitures scolaires, pour le convaincre de se tourner vers la production. « Ce qui est souhaité, c’est de ne plus dépenser un seul dollar pour importer des produits que nous pouvons produire localement », a-t-il dit. Et d’ajouter : « Je vous demande de fabriquer vos propres cahiers, car la production nationale est concurrentielle et ses prix sont adaptés. » « Nous dépendions totalement des importations pour satisfaire nos besoins, alors qu’à présent nous contrôlons la production des cahiers, des stylos, ainsi que d’autres articles pour lesquels nous avons acquis une maîtrise. »

Ces producteurs qui profitent de la protection de l’Etat

Face à son interlocuteur, le premier responsable du secteur a, encore une fois, soulevé le problème des prix, en soutenant qu’il ne fallait pas profiter de la politique de protection de la production nationale pour augmenter les tarifs, les rendant insoutenables. « Une fois couverts par les mesures de protection de l’économie nationale, on remarque que certains producteurs triplent, voire quadruplent leurs prix, ce qui nous pousse à revoir la structure des prix », a-t-il dit. Ce type d’interventions tonitruantes, M. Zitouni en est un habitué. Ce dernier utilise souvent un langage franc et direct, sans prendre de gants pour pointer du doigt des irrégularités, notamment quand il s’agit des prix. On se souvient encore de ses déclarations lors de l’inauguration du salon international de la boisson et des aliments
liquides (Bevalg) au début de ce mois.

A cette occasion, il avait vivement critiqué les hausses des prix effectuées par Coca-Cola et
Hamoud Boualem, les jugeant inacceptables et injustifiées. Il a également souligné que ces producteurs devront rendre des comptes. Les mises en garde de Tayeb Zitouni ont porté leurs fruits, comme en témoigne la volte-face des producteurs qui ont décidé de revenir aux prix de l’année 2023. Cette accalmie fut cependant de courte durée. A peine dix jours plus tard, lors d’une visite de travail dans la wilaya d’Ouargla, il est revenu à la charge en
dénonçant à nouveau les pratiques injustifiées de « certains producteurs de boissons ». Lors d’une visite de travail à Ouargla samedi, il a révélé une autre pratique inacceptable observée ces derniers jours, soulignant que certains producteurs « réduisent la quantité de leurs produits tout en maintenant le même prix ». « Une telle décision est injustifiée ». « Changer des bouteilles de 33 cl par des bouteilles de 30 cl tout en gardant le prix habituel du produit est aussi inadmissible. »

M. M.